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29.05.2006
C'est pas de notre faute !
Voici un article paru dans le monde.
Je sais que je marche un peu sur les plates bandes d'Anisée mais bon, il fallait bien que je poste quelque chose alors comme ce sujet est interressant, voici l'article en entier.
Ce post ne peut être considéré comme du plagiat dans la mesure où je dis clairement que c'est pas moi qui l'ai fait.
Ce post peut être considéré comme un post de grosse faignasse que je suis mais j'assume :-)
Plus de trente ans après Mai 1968 et la libéralisation de l'avortement, les femmes, dans leur majorité, continuent de vivre difficilement leur sexualité. Pourquoi le plaisir, voire le désir, sont-ils si peu souvent au rendez-vous de la rencontre amoureuse ? Qu'elles aient 20, 30, 40 ou 60 ans, comment les femmes construisent-elles cette part essentielle de leur intimité ? Gynécologue et acupunctrice, Danièle Flaumenbaum propose, dans Femme désirée, femme désirante (Ed. Payot, 234 p., 17 euros), des réponses singulières et troublantes. Au croisement de la psychanalyse et de la médecine chinoise, elle affirme le rôle central que les mères ont à jouer pour apprendre à leurs filles à vivre pleinement leur sexualité.
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"95 fois sur 100, la femme s'emmerde en baisant", chantait Brassens dans les années 1960. Aujourd'hui, bien que l'épanouissement sexuel fasse partie des moeurs, voire de la norme, ce chiffre, écrivez-vous, resterait supérieur à... 80 % ?
Il s'agit de ma statistique propre, établie sur la base de ma clientèle, en Occident, en France, à Paris... Mais j'exerce depuis trente ans, et je le confirme : tout au long de ma pratique, la majorité des femmes qui m'ont consultée souffraient de ne pas vivre leur sexualité comme elles le souhaitaient. Le droit au plaisir est socialement acquis, l'évidence que la sexualité fait partie de leur vie aussi, mais, de la théorie à la pratique, cela ne suit pas. Les femmes ne sont toujours pas préparées à savoir vivre leur sexualité. L'évolution positive, c'est qu'elles venaient autrefois me consulter avec des symptômes, et qu'elles viennent désormais, de plus en plus, avec des questions.
Depuis trente ans, les travaux de la neurophysiologie ne cessent de démontrer que le clitoris est la principale zone érogène de la femme. Or, selon vous, le lieu central de la jouissance féminine serait... l'utérus ?
La jouissance clitoridienne est une chose, celle que procure l'utérus en est une autre. Si la pensée occidentale insiste peu sur le rôle de l'utérus dans le plaisir féminin, la médecine taoïste, en revanche, lui accorde une grande importance. Les Chinois de la Chine ancienne, pour qui la sexualité est nécessaire à l'entretien de la vie, à l'épanouissement de l'esprit et à la prévention des maladies, ont décrit les trajets de l'énergie sexuelle. Selon la sexualité taoïste, l'utérus est le "chaudron alchimique", la caisse de résonance dans laquelle se rencontrent et s'unissent les forces masculines et féminines. Mais il faut pour cela que le corps de la femme accepte véritablement de s'ouvrir, ce qui est rarement le cas. Chez la plupart d'entre elles, les énergies se bloquent au fond du vagin, parfois même en y provoquant de vives douleurs.
S'ouvrir à l'homme qu'on aime : pourquoi est-ce si difficile ?
Parce que nos mères ne nous l'ont pas appris ! Les petites filles ne peuvent rêver de devenir "maman" que si leur mère est heureuse de l'être. De la même façon, elles doivent pouvoir grandir en sachant que la sexualité qu'elles vivront quand elles seront grandes leur donnera du plaisir et des forces. Ce qui est loin d'être toujours le cas.
Grâce à ma mère, j'ai été promise à devenir une mère heureuse pouvant exercer un métier indépendant, mais pas à devenir une femme sexuée. Le sexe, sa magie, sa force, n'avaient pas d'existence dans ma famille : cela ne faisait pas partie de ce qu'on avait à me transmettre. Or, aujourd'hui encore, la plupart des mères perpétuent ce schéma. Elles ont le souci d'aider leurs filles à devenir des femmes pensantes et autonomes, mais elles n'ont pas intégré le rôle qu'elles avaient à jouer pour les aider à devenir des femmes sexuées. N'ayant pas reçu elles-mêmes cet héritage, le plaisir érotique n'a aucune place dans leur discours. On est ainsi passé de l'interdit au déni de la difficulté.
Et, pour dépasser cette difficulté, que devraient-elles faire ?
L'idéal, c'est d'avoir des parents qui vivent pleinement leur sexualité, de grandir en sentant que cela fait partie de la vie. Je le vérifie tous les jours : des femmes qui ont eu une mère, voire une grand-mère, pour qui il était normal de vivre sa sexualité n'ont pas de problèmes sur ce plan. Le simple fait de grandir dans le même espace qu'une mère qui a du plaisir à faire l'amour et à être mère suffit à assurer la transmission. Et quand ce n'est pas le cas, une mère doit savoir se dire à elle-même, et dire à sa fille, qu'elle lui souhaite de vivre sa sexualité avec plus de bonheur qu'elle n'en a eu elle-même. Dès l'enfance, une mère doit instruire sa fille du fait que plus tard elle aura du plaisir à accueillir l'homme qu'elle aime dans son sexe.
Et le rôle des hommes, dans tout ça ?
Même s'il existe des initiateurs, même si l'homme aimé - et aimant - peut aider sa partenaire à s'ouvrir à lui, ce n'est pas à lui de construire la femme. Ce n'est pas à lui de la "porter", car elle risque alors de l'aimer comme elle aimerait une mère, et cet amour-là n'est pas sexué. De plus, les hommes ont leurs propres difficultés : eux aussi, souvent, sont restés coincés dans les modèles de leur père ou de leur grand-père, dans une sexualité clivée entre "la maman et la putain" qui ne facilite pas toujours leur épanouissement. Cela ne veut pas dire qu'en tant que pères ils n'ont aucun rôle à jouer dans la construction sexuelle de leurs filles : pour pleinement savoir qu'on est une femme, il faut aussi le découvrir dans le regard d'un homme, et en premier lieu dans celui d'un père.
Dans le plaisir sexuel, quelle importance accordez-vous à l'orgasme ?
L'orgasme, c'est une acmé, issue de la résonance des forces sexuelles mises en jeu. Même s'il est espéré, l'idée n'est surtout pas de le rechercher à tout prix - d'autant moins que cette "obligation de résultats", chez la femme, suffit souvent à l'empêcher. L'important, c'est de rechercher l'accord qui, éventuellement, permettra qu'il advienne. Dans la rencontre amoureuse et charnelle, ce n'est pas l'orgasme qui préside à une sexualité enrichissante et satisfaisante, c'est le désir. Et le plaisir, c'est la réalisation du désir.
16:31 Publié dans Ce que j'en pense... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Valorisation des jachères au cours du 20eme siècle


Commentaires
Ben voyons, dès ce soir je vais allé voir ma fille de 8 ans et je vais lui parler d'orgasme. Et demain lorsque mon copain sera à la maison, on laissera la porte ouverte pour qu'ils puissent s'instruire.
C'est un peu douteux ton truc.
Surtout qu'un gamin qui voit deux adultes en train de s'embrassertrouve ça déguelasse, alors lui parler du reste c'est même pas la peine.
Il est vrai que c'est difficile de parler sexualité avec nos enfants. Effectivement souvent car nos parents ne nous en ont pas parlé, et que de ce fait on a pas de vécu qui nous donne une piste sur la façon d'aborder le sujet.
En tant que mère j'ai pu constater que les enfants abordent d'eux même le sujet et qu'en fonctionne de leur age les questions sont plus poussées.
Je pense juste qu'il faut être honnête avec eux, et ne pas leur mentir lorsqu'ils abordent le sujet : style les choux et les roses.
L'enfant suit aussi une évolution dont on ne se rappelle pas forcément en tant qu'adulte : la phase de découverte de son corps, la phase de découverte de l'autre sexe (plus facile lorsqu'on a des frères et soeurs), la pudeur ...
Suivant la phase dans laquele il se trouve, aborder certains sujets peut poser des problèmes pour son épanouissement futur, et créer des blocages.
A mon avis le sujet est trop complexe, pour uniquement attribuer nos problèmes sexuels à notre mère.
La première chose à mon avis c'est d'accepter son corps et d'accepter de prendre du plaisir. Il est super important aussi d'en discuter avec son partenaire.
Et puis c'est pas de la faute de notre mère si les hommes sont des animaux en rute qui ne pensent qu'à leur plaisir ;-) Oh ça va je rigole .... beaucoup mais pas tous (enfin surtout quand ils sont un peu plus vieux)
Perso, je pense qu'il
Ecrit par : syl | 02.06.2006
Je pense que tout ceci est infiniment plus complexe quand même...:)
Effectivement, sentir sa mere heureuse sexuellement (son pere aussi hein..) ce n'est pas forcement les voir se triturer la dent creuse.
Et en parler, c'est tres bien, TOUT en separant nettement TA vie sexuelle, et la sienne future
A mon fils de 4 ans etdemi qui me dit: Tu m'aimeras toujours, meme qd j'aurai 25 ans ? (genre 25 ans pour lui, tu vois, c'est la vieillardise croupissante ! haha)
je reponds juste: oui, mais entre temps tu aimeras une femme qiu sera ta compagne, et avec qi tu seras bien heureux.
J'aime particulièrement le passage sur le désir. C'est la force vive de tout un chacun. Pour tout.
Ecrit par : ab6 | 02.06.2006
"Il est vrai qu'une séparation n'est jamais agréable mais des fois, c'est nécessaire. On a beau s'aimer, si on ne voit pas où on va, ou pire, que l'on sait que qu'on ne va nulle part, il vaut mieux en rester là. Il faut beaucoup de courage dans une séparation, autant pour l'un que pour l'autre."
ça n'a rien à voir mais en fait...si
Ecrit par : Plus de nom | 06.06.2006
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